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Intégrer les droits de la personne au quotidien

Chacun peut contribuer à l’instauration et au maintien d’une culture des droits de la personne au Canada. On ne peut apporter des changements positifs et durables sans une intervention collective. Le Canada a réalisé d’énormes progrès en ce qui a trait aux droits de la personne, mais il reste encore beaucoup à faire. L’essence même de la condition humaine et des droits de la personne au Canada fait en sorte que des défis émergent à mesure que la société évolue. La Commission collabore avec de nombreux intervenants pour cerner les objectifs communs, sensibiliser la population, promouvoir la bonne entente et trouver des solutions aux problèmes actuels ou émergents.

Création d’une culture durable des droits de la personne – le Modèle de maturité

Au travail, il est avantageux, sur le plan tant des relations humaines que des affaires, d’intégrer les droits de la personne à tous les aspects de l’organisation. Cette intégration peut favoriser un milieu de travail positif, motiver grandement l’effectif et augmenter la productivité. Elle peut accroître la compétitivité d’une organisation et favoriser le recrutement et le maintien en poste des meilleurs employés. À l’inverse, le non-dit et les comportements discriminatoires peuvent nuire à l’esprit d’équipe, faire perdre du temps et de l’argent, et porter ombrage aux activités et à la réputation d’une organisation.

La Commission a constaté que la plupart des organisations reconnaissent l’importance de favoriser une culture de travail fondée sur le respect et la diversité, mais qu’elles n’ont pas les connaissances ou les outils dont elles ont besoin pour atteindre leurs objectifs.

Par conséquent, la Commission a décidé de ne pas limiter ses interventions à leur expliquer pourquoi les organisations devraient protéger les droits de la personne, mais de leur montrer comment le faire au moyen du nouveau « Modèle de maturité pour les droits de la personne » qu’elle a mis au point.

Premier outil en son genre au monde, le Modèle de maturité pour les droits de la personne servira de feuille de route et de cadre de mesure du rendement pour les employeurs, les fournisseurs de services, les agents de négociation et les employés, à mesure qu’ils amèneront leur organisation à changer sa culture pour une culture durable des droits de la personne. Ce changement de culture passera par l’intégration des droits de la personne aux politiques, pratiques et processus – une intégration tant dans les activités internes que dans la prestation des services de première ligne. Par ailleurs, le fait d’harmoniser la culture interne et les attentes en matière de services de première ligne peut favoriser l’atteinte des objectifs d’affaires de l’organisation et de ses engagements en matière de responsabilité sociale.

Qu’est-ce qu’une « culture des droits de la personne »?

Une organisation a réussi à instaurer une culture des droits de la personne lorsque son engagement envers l’égalité et le respect influe sur chacune de ses décisions, et ce, sur tous les plans – de l’embauche et la promotion à l’élaboration de politiques et de programmes, en passant par la prestation de services respectueuse aux clients et aux consommateurs.

« [Une] culture des droits de la personne [est] un milieu de travail où les droits de la personne sont intégrés au quotidien et où chacun se sent respecté et égal et peut entreprendre la carrière qu’il souhaite et est capable d’exercer, à l’abri de toute discrimination. »

Jennifer Lynch, c.r.
présidente de la Commission canadienne des droits de la personne
au 7e Symposium et assemblée générale nationale
du Conseil national des minorités visibles
le 9 septembre 2009

Initiatives de formation sur les droits de la personne

La Commission offre une formation sur les droits de la personne aux organisations sous réglementation fédérale. Cette formation est donnée à des personnes, à l’interne, auxquelles la Commission transmet les connaissances voulues pour leur permettre, à leur tour, de former leurs collègues en leur offrant des ateliers de perfectionnement. Elle a pour objectif d’aider l’organisation à détecter les cas de discrimination et à y réagir. En
« formant les formateurs », la Commission met à profit les ressources et le savoir-faire des autres organisations.

En outre, la Commission apprend aux organisations des moyens de mener des enquêtes internes plus efficaces et plus justes dans les cas de violation présumée des droits de la personne, à l’aide de processus qui s’inspirent du modèle d’enquête de la Commission.

À ce jour, la Commission a formé des formateurs au sein de 12 organisations sous réglementation fédérale, ce qui pourrait toucher plus de 280 000 employés.

Grâce au Modèle de maturité, chacun parle le même langage et adopte la même vision. Le Modèle décrit les étapes qu’une organisation doit suivre pour passer d’un environnement réactif à un environnement proactif.

Cet outil prévoit un processus étape par étape qui permet d’atteindre des niveaux de plus en plus avancés de maturité en matière de droits de la personne. Le Modèle s’appuie sur cinq principaux éléments :

  • le leadership et la responsabilisation;
  • l’accroissement de la capacité et les ressources;
  • l’harmonisation des politiques et des processus;
  • la communication et la consultation;
  • l’évaluation en vue d’une amélioration continue.

Pour mettre au point le Modèle de maturité et ses outils de mesure, la Commission collabore avec un groupe hétérogène de partenaires, dont l’Association des banquiers canadiens; Employeurs des transports et communications de régie fédérale; Ressources humaines et Développement des compétences Canada; le Congrès du travail du Canada et d’autres syndicats; la Société canadienne des postes; le Chemin de fer Canadien Pacifique Limitée et d’autres membres du Conseil consultatif des employeurs mis sur pied par la Commission. La Commission travaille étroitement avec ces partenaires pour faire en sorte que le Modèle de maturité réponde aux besoins particuliers des différents employeurs, de leurs employés et de la population qu’ils servent. Elle est en voie de demander aux employeurs sous réglementation fédérale de valider le Modèle et elle lancera sous peu un projet pilote.

Nos intervenants voient le Modèle de maturité comme un outil précieux. À mesure que les organisations se feront plus nombreuses à l’adopter, le Modèle servira à établir un réseau d’« employeurs de choix » pour les travailleurs canadiens. En outre, les organisations qui auront été les premières à l’adopter formeront un réseau de pairs, ce qui leur permettra de se transmettre de l’information dans le but d’améliorer continuellement leurs pratiques. La Commission jouera le rôle de centre de référence relativement à ces connaissances. Lorsqu’une masse critique d’organisations auront adopté le Modèle, les données recueillies au moyen de l’outil de mesure fourniront à la Commission un portrait du niveau de maturité que la culture des droits de la personne aura atteint au sein des organisations canadiennes sous réglementation fédérale. Cette information pourrait éventuellement influer sur les travaux et les études à venir.

Le Modèle de maturité est un instrument de changement positif qui témoigne de la nouvelle stratégie de la Commission en matière de prévention de la discrimination, laquelle vise à aider les organisations à instaurer une culture durable des droits de la personne.

La promotion d’une culture des droits de la personne au sein de la Commission

Grâce au Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux du gouvernement du Canada, les employés peuvent attribuer une note à leur expérience de travail dans un certain ministère ou organisme. Tout en préservant l’anonymat des répondants, ce sondage évalue de nombreux aspects du travail au sein du gouvernement fédéral, comme la planification et l’établissement d’une orientation, la gestion des employés et la satisfaction liée au travail.

Les conclusions du Sondage de 2008 auprès des fonctionnaires fédéraux ont été rendues publiques en 2009. La Commission a obtenu des résultats exceptionnels : après avoir analysé les réponses, un spécialiste des questions de santé au travail et de mobilisation a publié son classement des meilleurs endroits où travailler dans la fonction publique fédérale, en accordant la troisième place à la Commission. D’après le Sondage, la Commission excelle en ce qui a trait au leadership, à la gestion du rendement, à la mobilisation des employés et à la culture d’excellence.

« [La] diversité [de notre société] doit absolument être prise en compte dans l’élaboration des politiques publiques. Et la fonction publique doit également en tirer profit. »

 

Wayne G. Wouters, greffier du Conseil privé,
Forum des sous-ministres adjoints de 2009,
le 15 octobre 2009

 [Traduction] « Afin d’optimiser le rendement d’un effectif plurigénérationnel, les employeurs devraient s’efforcer d’instaurer des cultures de travail inclusives et de mettre en place des arrangements de travail souples, afin de s’adapter aux besoins changeants des personnes de différentes générations. »

 

Tim Krywulak et Martha Roberts, Winning the “Generation Wars”,
Le Conference Board du Canada,
novembre 2009

Promotion de l’équité en matière d’emploi

Comme suite au soutien qu’elle fournit aux organisations pour qu’elles intègrent les droits de la personne au quotidien, la Commission vise aussi une représentation accrue, au sein des organisations sous réglementation fédérale, des quatre groupes désignés, soit les femmes, les membres des minorités visibles, les Autochtones et les personnes handicapées. Le programme de vérification de l’équité en emploi a pour but de cerner et d’éliminer les obstacles à l’emploi dans des aspects comme le recrutement, la sélection et l’embauche, le perfectionnement et la formation, la promotion, le maintien en emploi et la cessation d’emploi, ainsi que l’adaptation.

Le programme aide les employeurs à adopter des pratiques de gestion des ressources humaines qui améliorent de façon continue leur bilan relatif à l’équité en matière d’emploi, laquelle devient finalement une seconde nature au sein de l’organisation. En mettant à profit les rapports préparés par les employés de la Commission qui effectuent les vérifications de la conformité et les évaluations des progrès, le programme aide les employeurs à améliorer leur rendement puisque les écarts de représentation y sont mis en lumière et que des conseils, des outils et des renseignements ciblés leur sont donnés.

Pratiques éprouvées

Au moyen de son processus de vérification de l’équité en matière d’emploi, la Commission recueille de précieux renseignements sur les stratégies organisationnelles et les pratiques éprouvées qui ont permis d’accroître la représentation des groupes désignés. Elle transmet ces renseignements aux employeurs pendant le processus de vérification et au cours des ateliers et séances de formation sur l’équité en matière d’emploi.

Le comité mixte sur l’équité en matière d’emploi

La Loi sur l’équité en matière d’emploi exige que les employeurs consultent les représentants des employés en les invitant à donner leur avis sur la plupart des aspects du processus d’équité en matière d’emploi. Elle exige aussi que les employeurs et les représentants des employés collaborent à l’élaboration, à la mise en œuvre et à la révision du plan d’équité en matière d’emploi.

Telus et ses employés (qui sont représentés par le Syndicat des travailleurs des télécommunications) ont signé une lettre d’entente dans laquelle ils affirment leur intention de poursuivre les buts de l’équité en matière d’emploi.

Les deux parties comptent le même nombre de représentants au comité mixte sur l’équité en matière d’emploi. Ce comité dirige l’élaboration et la mise en œuvre du plan d’équité en matière d’emploi de l’entreprise, et s’occupe de diffuser de l’information aux employés sur les questions de diversité. Chaque année, le comité évalue les progrès réalisés par l’entreprise quant à la réalisation de l’équité en matière d’emploi et souligne les questions d’intérêt.

« Les milieux de travail inclusifs sont essentiels pour une économie productive et une société cohésive. Ils devraient refléter la diversité croissante du Canada de façon à ce que les talents de tous les travailleurs puissent être optimisés et à ce que tous les travailleurs contribuent à notre prospérité collective. »

 

L’honorable Rona Ambrose, ministre du Travail
s’adressant à la Banque Royale du Canada,
le 7 avril 2009

[Traduction] « Les programmes ou pratiques favorables aux immigrants – ceux qui préconisent la sensibilisation aux cultures et la diversité, qui amènent une organisation à élargir ses méthodes de recrutement, qui donnent aux recrues des services de mentorat et de préparation à l’emploi, et qui reconnaissent les diplômes obtenus à l’étranger – peuvent agir considérablement sur le bénéfice net d’une organisation. »

 

Vadim Kukushkin et Douglas Watt
Immigrant-Friendly Businesses,
Le Conference Board du Canada,
novembre 2009

Profil des employeurs assujettis à la Loi

La figure 1 indique le nombre d’employeurs assujettis à la Loi sur l’équité en matière d’emploi et le nombre d’employés dans chaque secteur. Elle précise aussi le nombre d’employeurs qui font ou ont fait l’objet d’une vérification.

Figure 1 – Employeurs et employés assujettis à la Loi sur l’équité en matière d’emploi et faisant ou ayant fait l’objet d’une vérification, par secteur

la figure 1 indique le nombre d’employeurs visés par la loi sur l’équité en matière d’emploi et le nombre d’employés dans chaque secteur, y compris ceux qui ont fait ou font présentement l’objet d’une vérification. dans le secteur privé, au 31 décembre 2008, dans le secteur bancaire, 26 employeurs avec 212 020 employés étaient visés par la loi, et 17 employeurs avec 173 475 employés ont terminé une vérification ou sont en cours d’une vérification. dans le secteur des communications, 92 employeurs avec 234 338 employés étaient visés par la loi, et 46 employeurs avec 171,944 employés ont terminé une vérification ou sont en cours de vérification. dans le secteur des transports, 347 employeurs avec 206 111 employés étaient visés par la loi, et 111 employeurs avec

Employeurs et employés qui sont actuellement assujettis à la Loi sur l’équité en matière d’emploi

La figure 1 montre que 296 employeurs (soit 46 %), parmi les 637 qui sont assujettis à la Loi, font ou ont fait l’objet d’une vérification. Ces 296 employeurs représentent 80 % de l’effectif total (soit 920 651 employés). L’effectif compte cette année environ 30 000 employés de plus par rapport à l’an dernier (il est passé de 1 116 989 en 2008 à 1 147 245 en 2009).

« [La] Loi sur l’équité en matière d’emploi reste l’une des plus importantes étapes que le Canada ait franchies pour constituer une société diversifiée et inclusive. [...] La capacité de bien gagner sa vie, de soutenir sa famille et de progresser au plan professionnel est un élément fondamental de l’assurance qu’a une personne en soi et de sa dignité. »

 

L’honorable Donald H. Oliver, c.r., sénateur
Point de vue sur la diversité aujourd’hui : perspective canadienne,
le 18 octobre 2007

Les résultats des vérifications

Depuis 1998, un total de 257 employeurs ont été déclarés en conformité avec les exigences de la Loi. Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement que ces employeurs ont réalisé l’équité en matière d’emploi. Dans les faits, si un employeur se conforme à la Loi, c’est simplement parce qu’il a satisfait aux exigences.

Il s’agit d’une réussite en soi, mais il reste encore beaucoup à faire. L’équité en matière d’emploi ne sera véritablement réalisée que lorsque plus personne ne se verra refuser d’avantages ni de chances en emploi pour des motifs étrangers à sa compétence.

La Commission a prévu deux phases pour son processus de vérification. Dans un premier temps, l’employeur doit préparer un plan d’équité en matière d’emploi dans lequel il précise les mesures qu’il entend prendre pour éliminer les obstacles à l’emploi et combler les écarts de représentation des groupes désignés au sein de son effectif. La Commission entame alors une vérification préliminaire de manière à s’assurer que l’employeur a bien fait les choses. Cette année, la Commission a achevé une vérification préliminaire chez 32 employeurs; 19 d’entre eux avaient préparé un plan conforme aux exigences de la Loi et ont ainsi été déclarés en conformité avec celle-ci.

Si l’employeur a préparé un plan d’équité en matière d’emploi, la Commission lui laisse jusqu’à trois ans pour atteindre les objectifs à court terme établis dans le plan. À la fin de ce délai, elle retourne chez l’employeur pour effectuer une vérification donnant lieu à une « évaluation des progrès ». Cette année, elle a mené à bien l’évaluation des progrès de 19 employeurs, ce qui lui a permis de constater que 13 d’entre eux avaient mis en œuvre leur plan d’équité dans une mesure jugée suffisante pour qu’ils soient déclarés en conformité avec la Loi.

En vertu de la Loi, la Commission a l’autorité de notifier un « ordre » à un employeur qui ne s’y conforme pas pour lui enjoindre de prendre les mesures correctives nécessaires pour remédier au manquement.

Figure 2 – Groupes désignés dans le secteur privé

la figure 2 représente les quatre groupes désignés, de 1997 à 2008, dans la fonction publique. ces groupes sont: les femmes, les autochtones, les personnes handicapées et les minorités visibles. le taux de disponibilité pour les femmes dans la fonction publique était 47,9 pourcent en 2006. en 1997-1998, les femmes occupaient 44,6 pourcent des postes. en 2007-2008, elles occupaient 42,6 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les autochtones dans la fonction publique était de 3,1 pourcent en 2006. en 1997-1998, les autochtones occupaient 1,3 pourcent des postes. en 2007-2008, ils occupaient 1,9 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les personnes handicapées dans la fonction publique était de 4,9 pourcent en 2001. en 1997-1998, les personnes handicapées occupaient 2,3 pourcent des postes. en 2007-2008, elles occupaient 2,7 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les membres des minorités visibles dans la fonction publique était de 15,3 pourcent en 2006. en 1997-1998, les membres des minorités visibles occupaient 9,7 pourcent des postes. en 2007-2008, ils occupaient 16,6 pourcent des postes.


Figure 3 – Groupes désignés dans la fonction publique

la figure 3 représente les quatre groupes désignés, de 1997 à 2009, dans la fonction publique. ces groupes sont: les femmes, les autochtones, les personnes handicapées et les minorités visibles. le taux de disponibilité pour les femmes dans la fonction publique était 52,3 pourcent en 2006. en 1997-1998, les femmes occupaient 50,5 pourcent des postes. en 2008-2009, elles occupaient 54,7 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les autochtones dans la fonction publique était de 3 pourcent en 2001. en 1997-1998, les autochtones occupaient 2,7 pourcent des postes. en 2008-2009, ils occupaient 4,5 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les personnes handicapées dans la fonction publique était de 4 pourcent en 2006. en 1997-1998, les personnes handicapées occupaient 3,9 pourcent des postes. en 2008-2009, elles occupaient 5,9 pourcent des postes. le taux de disponibilité pour les membres des minorités visibles dans la fonction publique était de 12,4 pourcent en 2006. en 1997-1998, les membres des minorités visibles occupaient 5,1 pourcent des postes. en 2008-2009, ils occupaient 9,8 pourcent des postes.

La situation d’emploi des quatre groupes désignés dans les organisations sous réglementation fédérale

La Commission consigne les taux de représentation des quatre groupes désignés par la Loi sur l’équité en matière d’emploi (les femmes, les minorités visibles, les Autochtones et les personnes handicapées) dans les organisations publiques ou dans les entreprises privées sous réglementation fédérale, comme celles du secteur bancaire, du domaine des communications et de l’industrie du transport.

Pour chacun des quatre groupes désignés, il faudrait atteindre un taux de représentation égal ou supérieur à leur taux de disponibilité – soit le nombre de travailleurs qualifiés au sein de la population active.

La figure 2 montre que les membres des minorités visibles sont pleinement représentés dans les entreprises privées sous réglementation fédérale qui sont assujetties à la Loi sur l’équité en matière d’emploi. Cependant, les membres des trois autres groupes désignés (les femmes, les Autochtones et les personnes handicapées) demeurent sous-représentés. En fait, la proportion des emplois occupés par des femmes a diminué de 2 % depuis 1997. Les taux de représentation des Autochtones et des personnes handicapées ont quelque peu augmenté, mais ces groupes sont toujours sous-représentés selon les données du Recensement de 2006.

La figure 3 montre que trois des quatre groupes (les femmes, les Autochtones et les personnes handicapées) sont encore pleinement représentés dans la fonction publique. Toutefois, les membres des minorités visibles demeurent sous-représentés par rapport à leur taux de disponibilité calculé d’après les données du Recensement de 2006. Leur taux de disponibilité est de 12,4 % tandis que leur taux de représentation n’est que de 9,8 %. Fait à noter, les femmes occupent maintenant 43,0 % des postes de direction, comparativement à 25,1 % en 1997-1998.

Voir les statistiques sur l’équité en matière d’emploi.

Diversité ethnique croissante au Canada

« Entre 2001 et 2006, la population des minorités visibles s’est accrue beaucoup plus vite que l’ensemble de la population, son taux de croissance s’élevant à 27,2 %, soit cinq fois celui de 5,4 % observé pour l’ensemble de la population. »

Statistique Canada,
La mosaïque ethnoculturelle du Canada,
Recensement de 2006 : portrait national

 

« Plus de la moitié (51 %) des immigrants récents, c’est-à-dire ceux qui ont immigré au Canada entre 2001 et 2006, avaient un grade universitaire. C’était plus du double de la proportion de la population née au Canada (20 %). Il s’agissait aussi d’un pourcentage beaucoup plus élevé que la proportion de 28 % relevée chez les immigrants arrivés avant 2001. »

Statistique Canada,
Portrait de la scolarité au Canada,
Recensement de 2006 : faits saillants

« En 2006, les immigrants très récents âgés de 25 à 54 ans formaient le groupe éprouvant le plus de difficultés sur le marché du travail, peu importe leur niveau de scolarité. Si le taux de chômage de la population née au Canada diminue à mesure qu’augmente le niveau de scolarité, il n’en va pas de même pour les immigrants très récents : le taux de chômage de ce groupe varie peu selon le niveau de scolarité. Les immigrants très récents titulaires d’un baccalauréat par exemple ont un taux de chômage près de quatre fois plus élevé que celui des universitaires nés au Canada (11,4 % c. 2,9 %). Le taux de chômage des immigrants très récents détenteurs d’un grade supérieur est encore plus haut, soit 12,4 % comparativement à 2,4 % pour la population correspondante née au Canada.

Danielle Zietsma
Les immigrants sur le marché canadien du travail en 2006 :
premiers résultats de l’Enquête sur la population active du Canada

 

Règlement des différends

Lorsque les efforts déployés par une organisation pour prévenir la discrimination échouent, il est possible de s’adresser à la Commission pour obtenir de l’aide. La Commission a pour mandat de résoudre les différends de façon juste, transparente et efficace. Elle continue de mettre l’accent sur la résolution anticipée des différends au moyen de la médiation et de discussions non officielles. Ces méthodes permettent aux parties concernées de mettre au point leurs propres solutions, elles peuvent contribuer à minimiser et à réparer les dommages aux relations d’emploi, et elles peuvent accélérer le règlement des différends. Les retombées de la médiation peuvent en outre s’étendre à d’autres parties puisque certaines conditions imposées dans le cadre d’affaires données profitent à l’ensemble de la société canadienne.

Dans le cas où un différend ne peut pas être résolu par le dialogue ou la médiation et que la personne qui a demandé à obtenir de l’aide désire poursuivre ses démarches afin d’obtenir réparation, elle peut présenter une plainte. Une fois qu’une plainte a été acceptée, la nouvelle fonction de tri de la Commission permet de veiller à ce qu’elle soit traitée au moyen du processus le plus approprié et permettant d’obtenir le plus rapidement des résultats.

La Commission doit, dans tous les cas, rendre une décision au sujet de la plainte. Les commissaires peuvent choisir de rejeter la plainte, de nommer un conciliateur ou de renvoyer l’affaire devant le Tribunal canadien des droits de la personne pour complément d’enquête.

Une entente intervenue grâce à la médiation

La Commission continue de mettre davantage l’accent sur le règlement anticipé des différends. Voici un exemple d’entente intervenue grâce à la médiation.

Motif(s) : Déficience

Domaine : Prestation de services 

Secteur : Transports

Allégation : La plaignante marche en s’aidant d’une canne. Elle affirme avoir eu de la difficulté à accéder à l’une des stations exploitées par l’entreprise de transport. Ses préoccupations concernaient notamment l’éclairage, la signalisation et l’inclinaison des voies d’accès.

Règlement : L’entreprise de transport a accepté d’apporter les modifications, les réparations ou les mises à niveau nécessaires à la station dans un délai raisonnable.

Voir d’autres exemples d’ententes intervenues.

Plaintes déposées devant la Commission

À la fin de l’année, le nombre de dossiers de plaintes actifs de la Commission s’établissait à 653, comparativement à 568 pour l’année précédente. Le délai moyen de traitement des dossiers actifs de la Commission a été ramené de 8,9 mois en 2008 à 7,8 mois en 2009 – le délai visé était de 9 mois. Cette diminution était, en partie, attribuable à la réception de nouvelles plaintes à la fin de 2009.

Voir les statistiques détaillées sur les règlements intervenus à la suite de plaintes à la Commission.

Distinction entre la Commission et le Tribunal

Aussi bien la Commission canadienne des droits de la personne que le Tribunal canadien des droits de la personne contribuent à l’administration du système des droits de la personne et mènent à bien leurs processus conformément aux principes d’équité de la procédure et de justice naturelle. Cependant, ils demeurent des organisations séparées et indépendantes qui jouent un rôle distinct. La Commission reçoit toutes les plaintes et vérifie si elles relèvent de sa compétence, si elles ont été présentées dans les délais prescrits et si elles remplissent les critères établis par la loi. Lorsque la Commission estime qu’une plainte devrait faire l’objet d’une enquête plus approfondie, elle la renvoie au Tribunal canadien des droits de la personne. Le Tribunal est l’instance d’audition des plaintes devant laquelle toutes les parties peuvent présenter leurs arguments et faire appel à des témoins dans un cadre public et quasi judiciaire. Les conclusions du Tribunal sur l’existence de discrimination fondée sur un motif de distinction illicite et ses décisions sur la réparation accordée ont la même force exécutoire qu’une ordonnance de la cour.

[Traduction] « ... la discrimination, en particulier à l’endroit des minorités visibles, des Autochtones et des personnes handicapées, survient malheureusement de plus en plus souvent. Oui, la Charte des droits et libertés a permis de réduire le nombre de cas de discrimination de la part du gouvernement, mais la Charte ne s’applique pas aux cas où une personne ou une entreprise fait subir un traitement discriminatoire à une autre. Si je refuse de vous donner un emploi parce que vous êtes un Autochtone ou une personne de couleur, ou encore parce que vous portez un foulard islamique, la Charte ne vous sera d’aucun secours. Seuls les organismes des droits de la personne (commissions ou tribunaux) offrent des recours judiciaires en réponse à de tels problèmes. »

 

Janet Keeping, présidente de la Sheldon Chumir Foundation for Ethicsin Leadership
“Human rights commissions still needed”, The Calgary Herald
le 23 janvier 2008

Un mode de gestion proposé en exemple

La diversité en milieu de travail

La Commission représente invariablement un modèle de conformité à la Loi sur l’équité en matière d’emploi.

En 2009, la Commission comptait 179 employés, dont :

  • 64,2 % étaient des femmes (comparativement à une cible de 62 %);
  • 10,6 % s’étaient identifiés comme personnes handicapées (comparativement à une cible de 3,7 %);
  • 15,1 % s’étaient identifiés comme membres de minorités visibles (comparativement à une cible de 10,3 %);
  • 3,4 % s’étaient identifiés comme Autochtones (comparativement à une cible de 3,4 %).

 

Un milieu de travail bilingue

La Commission a réussi à être un exemple de saine gestion. Elle est notamment déterminée à offrir à ses employés un milieu de travail pleinement bilingue où ils peuvent travailler dans la langue officielle de leur choix :

  • 77,65 % des postes au sein de la Commission exigeaient la nomination d’un candidat bilingue, ce qui fut fait.
  • Lors du Sondage de 2008 auprès des fonctionnaires fédéraux, 95 % des employés de la Commission ont indiqué se sentir libres d’utiliser la langue de leur choix dans leurs communications avec leur supérieur immédiat, et 91 % d’entre eux ont indiqué se sentir libres d’utiliser la langue de leur choix lors des réunions. Ces pourcentages sont supérieurs aux résultats moyens obtenus pour l’ensemble des autres ministères et organismes fédéraux.
  • La Commission a désigné des champions en matière de langues officielles afin qu’ils donnent l’exemple pour ce qui est de promouvoir les principes de la Loi sur les langues officielles, et qu’ils conseillent la haute direction sur la réponse à donner si des employés et des intervenants soulèvent un problème à cet égard.
La sensibilisation et la compréhension à l’avant-plan

La Commission incite les organisations à devenir des employeurs de choix par la création de milieux de travail inclusifs et adaptés aux besoins des employés. Elle donne l’exemple en veillant à ce que son propre milieu de travail corresponde à ces critères, en faisant régulièrement état de son engagement à ses employés, ainsi qu’en veillant à accroître la sensibilisation de ses employés au moyen de séances de formation et d’information.

Cette année, tous les employés de la Commission ont eu l’occasion de participer à une formation expérientielle sur les défis quotidiens liés à la vie avec une déficience. Un autre atelier visait à sensibiliser les employés aux meilleures mesures d’adaptation à prendre en cas de maladie mentale et fournissait des stratégies pour la promotion de la santé mentale.

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